SO_sprite_Omasse2Avec Dragon Quest IV en 1990,  Enix mettait déjà en vedette un personnage incongru mais essentiel à ses RPG : le commerçant (incarné par Torneko). Level-5 reprend le flambeau avec Weapon Shop de Omasse, un rhythm game centré sur le quotidien d’un forgeron et de son apprenti homme à tout faire. Le charme de Weapon Shop de Omasse vient des clients – tous extravagants – et de leurs échanges au comptoir avec le très (trop) déférent Yuhan. Le script, écrit par l’humoriste japonais Yoshiyuki Hirai (entendu dans Ni no Kuni),  déborde d’énergie. Le ton général et l’ambiance sonore font très sitcom.

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La partie rhythm game est particulièrement clémente, ce qui me convient parfaitement. Il s’agit de suivre un rythme – en général assez reposant – en jouant du stylet. Le jeu ne pose d’ailleurs vraiment aucun obstacle. Il suffit de fabriquer toutes les armes possibles et de proposer à chaque client le produit qui lui correspond.

Chaque arme dispose d’un mouchard qui permet de suivre la quête du client via une application à la Twitter.  Ce système permet de passer le temps lorsqu’il n’y a plus rien à forger. Bien que répétitif et basique, le jeu passe comme un charme.

ico_software_GWeapon Shop de Omasse
レンタル武器屋 de オマッセ Rentaru Bukiya de Omasse
Yoshiyuki Hirai & Level-5
$7.99 / 7.99€ / 800円

SO_sprite_3DSLa gamme 3D Classics de Nintendo n’a pas fait long feu.  5 titres NES adaptés par Arika (Endless Ocean, Street Fighter EX) selon 2 méthodes : soit en agrandissant la surface de l’image, sans nuire à sa qualité (Excitebike et Urban Champion) - soit en en conservant la résolution native de la NES et en ajoutant un fond d’écran discret (Kid Icarus, Kirby’s Adventure et TwinBee) :

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Ce traitement de faveur du catalogue NES sur 3DS a vite tourné court. La Virtual Console prend le contrepied des 3D Classics avec une résolution NES (256×224 pixels) upscalée pour remplir verticalement l’écran supérieur de la 3DS (400×240 pixels):

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Cette perte de qualité fait tache après l’excellent traitement de ces mêmes jeux NES sur la Virtual Console de la Wii. En la matière, Nintendo semble atteint de schizophrénie puisque les jeux Game Boy ont droit eux à leur résolution native !

En plus des très bonnes adaptations d’Arika, SEGA et M2 font aussi d’excellents portages de jeux Game Gear et de quelques titres arcade et Mega Drive avec leur gamme SEGA 3D Classics Series.

ico_software3D Classics Excitebike
3D Classics Xevious
3D Classics TwinBee
3D Classics Urban Champion
3D Classics Kid Icarus
3D Classics Kirby’s Adventure
Arika, Nintendo, Namco & Konami

so_sprite_SEGA affectionne les sorties rétro inattendues. Après avoir traduit en 2012 un jeu Mega Drive de 1994 (Monster World IV), il propose ces jours-ci une sortie sous le manteau de la version 16bit de Castle of Illusion Starring Mickey Mouse signée M2. Le mode de distribution est pour le moins vicieux puisqu’il faut précommander le remake de Castle of Illusion sur le PSN pour obtenir le jeu Mega Drive.

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SEGA laisse entendre que cette rare sortie (les jeux à licence ne ressortent pour ainsi dire jamais sur Virtual Console et autres supports dédiés aux classiques) est une exclusivité PSN uniquement disponible le temps de la période de précommande. L’avenir nous le dira, mais je vois mal l’éditeur se priver de sortir Castle of Illusion MD indépendamment du remake.

Sprite_SOV2_SMT4Shin Megami Tensei IV est une sorte d’épisode hommage. En plus des références aux volets Super Famicom, des indices laissent à penser qu’il s’agit de la suite directe de Strange Journey. Ne vous attendez pas par contre au retour de l’enfant chéri, le formidable troisième épisode, SMT IV n’a ni la démesure, ni les mémorables donjons  de SMT III Nocturne.

Petite révolution pour une série si graphiquement marquée, Shin Megami Tensei accueil de nouveaux illustrateurs. Côté personnages, Masayuki Doi prend provisoirement (?) la place de Kazuma Kaneko. Le résultat est honnête mais son dessin est beaucoup plus passe partout. Le design des nouveaux démons, pour la plupart des bosses, est inconsistant.

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Cet épisode joue avec nos repères temporels. L’aventure commence dans le prospère royaume de Mikado, une contrée médiévale vielle de 1500 ans d’histoire. A cela s’ajoute un Tokyo ravagé par l’apparition de démons. La relation entre ces 2 lieux donne à SMT IV une aura de mystère assez unique. Les héros, enfants de Mikado, vont changer en rentrant en contact avec Tokyo et ses survivants.

Le jeu n’est pas particulièrement démonstratif dans ses révélations. Certains des moments forts sont plutôt suggérés. A ce titre, chaque fin extrême (le jeu en propose 3 sur 4) est un anti climax. Sensation frustrante tant le jeu regorge de pistes passionnantes.

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Côté gameplay, le savoir-faire d’Atlus sur ses MegaTen ne laisse rien passer. Tout est parfaitement huilé pour passer 60 heures la tête dans le guidon. SMT IV fait éclater la structure ville > donjon > boss > etc; Tokyo est un immense donjon dans lequel des galeries en sous-sol forment les uniques poches de sécurité.

La célèbre difficulté de la série en prend un coup. Ce Shin Megami Tensei est l’un des plus abordables. Si le premier donjon effraiera les nouveaux venus, le reste du jeu se parcours sans écueil. En plus des mécaniques classiques, quelques nouveautés notables:  une sorte d’app store pour augmenter les fonctions de l’I.A. enfermée dans le gant de métal du héros et une centaine de challenge quests variées.

SMT IV est indéniablement un excellent RPG, il est surtout parfaitement adapté au format portable. Malheureusement ce positionnement l’empêche de dépasser, en terme d’ambitions et de gigantisme, certains des épisodes précédents.

Shin Megami Tensei IV
真・女神転生IV
Atlus

SO_sprite_SoulsHackersPetit à petit, remake après remake, la plupart des jeux de la famille MegaTen finissent par connaître les honneurs d’une sortie occidentale. La réputation de certains titres cache des jeux plus banals. Soul Hackers appartient à cette seconde catégorie.

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MegaTen à la première personne, Soul Hackers témoigne du virage graphique de Kazuma Kaneko, l’un des pères fondateurs de la série. Le jeu est ancré dans une mode cyberpunk/protointernet typique des années 80-90, et c’est ce qui fait  aujourd’hui le charme de ce portage 3DS, plus de 15 ans après sa sortie sur Saturn.

L’histoire est cousue de fil de blanc : un groupe de hackers, tendance boy scouts, s’oppose à un projet de ville utopique et à son pendant virtuel, Paradigm X. Pas beaucoup de surprises dans cette trame de série B.

Hélas le jeu montre aussi son âge question gameplay. Soul Hackers souffre de la comparaison avec son cadet, Strange Journey – un autre dungeon crawler, certes plus récent, mais terriblement plus efficace. Les donjons de Soul Hackers sont comparativement assez pauvres et visuellement peu excitants (beaucoup d’intérieurs interchangeables). Chose assez rédhibitoire pour les amateurs de la série depuis les premiers Persona ou Nocturne : les démons n’évoluent pas. Seul un système de loyauté donne un léger sentiment de progression.

Cette sortie américaine a le mérite de démystifier Soul Hackers; un Dungeon RPG convenable qui ne fera pas date.

ico_softwareShin Megami Tensei ~ Devil Summoner: Soul Hackers
デビルサマナー ソウルハッカーズ
Atlus

SO_sprite_TG Classics'Dans l’anonymat général, Sony Computer Entertainment America a lancé au printemps 2011 une poignée de jeux TurboGrafx sur son PlayStation Store. 10 titres HuCard et puis plus rien, contrairement à ce que nous laissait entendre le communiqué de presse :
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The 10 games from the beloved console will be available to PlayStation Network users, released individually this winter.

Fans of the TurboGrafx-16 can look forward to playing the following games on their PlayStation® 3 system or PSP® system, which will be the first of many TurboGrafx-16 games delivered in full to the new generation console

Ce qui est rageant dans cette histoire, c’est que la qualité de l’émulation PS3/PSP est excellente, bien meilleure que sur Console Virtuelle, dont un grand nombre de jeux Hudson a été flouté (et nous floués par la même occasion). Malgré un grand choix de titres traduits en anglais, Konami ne semble pas décidé à exploiter pleinement le catalogue de la PC Engine.

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Takahashi Meijin, pas peu fier du rendu de New Adventure Island sur PlayStation 3

Si vous n’avez rien contre pousser un peu plus loin l’import, le PlayStation Store japonais propose bien entendu un choix plus conséquent de jeux HuCard (600円) et CD-ROM² (800円), dont pas mal de titres import friendly.